Toutankhamon lui-même, héros de la deuxième biographie de Vandenberg, n’a pratiquement rien fait: pour restaurer le nom de son père, Aménophis IV – dont-on n’a d’ailleurs pas encore retrouvé la momie, soit que celle-ci ait été détruite par les adversaires du pharaon déchu, soit que quelques fidèles l’aient: cachée avec tant de soins que pillards comme archéologues ont ignoré le lieu ou elle repose.+
Pourtant, Toutankhamon, qui mourut à dix-huit ans – la tres récente découverte d’un trou dans la tempe de sa dépouille terrestre soulève nombre de questions sur les causes de cette mort-précoce – est partout: désigné comme « celui qui passa sa vie à rétablir les images des dieux » ces dieux multiples de l’Egypte antique auxquels son père avait, dans les dernières années de son règne livré la guerre féroce des fanatiques
religieuxe
Le Pharaon-étant considéré comme un dieu. n’aurait-il pas été normal que Toutankhamon rendit par la suite hommage aux mânes de son prédécesseur. Aménophis IV? On peut donc s’étonner de ne jamais le découvrir, sur un bas-relief ou sur telle ou telle scène peinte-sur-les-innombrables-trésors-de son tombeau, debout face à la silhouette osiriaque du pharaon décédé et lui offrant un sacrifice
Toutankhaten. avait épousé Ankbseraten, sa demi-seeur elle-même fille d’Aménophis IV et de Néfertiti et par ailleurs épouse auxiliaire de son propre père. Sur eux, veillait « le-divin-Père Ay », dont on suppose-qu’il avait épousé la nourrice et gouvernante-de-la-reine Mevertiti et qui, après la disparition de cette-dernière (sa-momie non plus n’a-jamais été-retrouvée-et•on ne-sait pas-dans quelles-conditions elle-est-morte) et celle d’Aménophis IV, rassembla les rênes du pouvoir effectif aux côtés d’un militaire appelé à faire parler de lui, le général Horemheb.
C’est d’ailleurs Ay qui succédera-à Toutankhamon et qui, bien-entendu, comme ilétaitd’usage; légitimera-sa prise de pouvoir en épousant la veuve du-Pharaon. Avant Horemheb, c’est Ay-encore qui usurpera les inscriptions mentionnant sur les temples des anciens dieux que Toutankhamon les avait-
« rétablis » dans-leur culte-et-leur puissance.~
Puis le général Horemheb-montera à son tour-sur-le-trône-des Deux-Terres et, pour-des raisons-mal-définies, s’acharnera à détruire toutes les inscriptions relatives au-règne, pourtant très bref, de-Toutankhamon, dernier survivant mâle•des Aménophis-et peut-être seul-rejeton de sexe-masculin-de-l »Hérétique. »~
Mais-l’Histoire sait attendre: à la mi-novembre 1922, Howard-Carter et lord-Carnaven pénétraient-dans-la-chambre funéraire-du petit pharaon-oublié. Or, l’antique tradition égyptienne voulait que-répéter le nom d’un mort, c’était le faire vivre éternellement. A ce compte-là et malgré la haine qui a si-longuement accompagné sa mémoire, Toutankhamon, à ce jour le seul pharaon dont-on ait retrouvé la-momie-et le-tombeau intacts (ou presque), a enfin obtenu-l’Eternité qui lui était promise.