… Il traversa de nouveau le perron et s’engagea dans l’enchevêtrement de branches. Mais il n’eut pas à refaire tout le voyage : perché sur une souche, il put voir que la vieille porte du jardin s’était refermée et que le jongleur avait retrouvé l’équilibre. Alors il tourna le dos au monde extérieur et, courant à moitié, comme un enfant qui fuit devant ses peurs, il se glissa derrière les plantes pâles et les fleurs vertes et, pour la dernière fois, poussa la porte qui s’ouvrait du côté de l’ombre.
Dans ce recueil de nouvelles, où réalité, fantastique et humour sont entremêlés, Jean Ganiayre nous entraîne dans un monde insolite où les personnages, poussés par une logique implacable, sont pris dans une spirale de solitude, d’angoisse et d’enfermement comme s’ils étaient à jamais condamnés à vivre « du côté de l’ombre ».