« À quoi sert le roi d’Espagne ? écrivit un jour un éditorialiste madrilène. À rien… mais il est indispensable ! » En 1975, pourtant, à la mort du Caudillo, qui aurait parié sur le taciturne Juan Carlos élevé dans le sérail franquiste pour faire passer en douceur son pays de la dictature à la démocratie ? Qui aurait pu prédire avec assurance que le souverain deviendrait la clef de voûte de la paix civile et de l’unité nationale ?
Trente ans plus tard, le roi et la reine incarnent plus que jamais l’Espagne moderne. De leurs sujets ils savent partager les bonheurs comme les peines, ainsi que l’a montré leur présence aux heures sombres qui ont suivi le terrible attentat du 1l mars 2004 à Madrid.
Juan Carlos et Sophie sont d’une grande complémentarité : lui, roi de cœur énergique, chaleureux et passionné; elle, reine de tête réservée, discrète et efficace. « Nous sommes des compagnons de voyage marchant avec un seul but : le bonheur de l’Espagne tout entière. » Leur chemin est parfois semé d’embûches, mais le succès y a rendez-vous avec la passion de régner.